With a preface by HRH Princess Norodom Buppha Devi នរោត្តម បុប្ផាទេវី (8 Jan. 1943 – 18 Nov. 2019), then Minister of Culture and Fine Arts of Cambodia and the inspirational force behind the Royal Ballet of Cambodia since her return to the country in 1991, the booklet celebrates the inscription in November 2003 to UNESCO ICH List, which had been established shortly before, on 17 October.
Numerous details of historical relevance can be find here, including views of the Preah Suramarit National Theater, built in 1966 (inaugurated 1968) after the plans of architect Vann Molyvann. [Also called Mohorsrop Theatre or Bassac Theatre before and after the February 1994 fire during renovation works that gutted the auditorium, the building was finally demolished in 2008, after attempts to use the premises as rehearsal space and several proposals by Cambodian architects and actors of the cultural scene to rescue the historic landmark. In 2005, renowned film director Rithy Panh shot on site a short film titled The Burnt Theater.]
Here are four sections from the booklet, unsigned but certainly written under the guidance of Princess Buppha Devi and ballet master Proeung Chhiengព្រឿង ឈៀង- who survived the Khmer Rouge terror and has been a leading actor of the rebirth of the Ballet since 1979 -, summarizing the history of the Ballet from WWII to the years 2000s: Renaissance du Ballet sous sa forme moderne, La création de I’Université et ses conséquences, Mort et résurrection du ballet khmer, and Le Ballet royal aujourd’hui et ses difficultés [p. ‑49] In a concise and matter-of-fact manner, these pages give us a summary of Cambodia’s modern history from the 1953 Independence through the prism of the dance art form.
The Mask Altar presiding over a performance by the Royal Cambodia.
Front row, center: Preah Moha Eysei ព្រះ មហាឥសី, ‘the Master of the Dance’, an ascet with white beard to whom all invocations are addressed. [Eysei or Isao is protagonist in the founding tale of Manimekhala, essential female figure in the pantheon of Khmer dance.]
To his right, the mokot [tiaras] belonging to the First Apsara, one princess and one pronce (in that order).
To his left, the masks of Krung Reap ក្រុងរាពណ៍, the king of giants [Ravana in the Khmer version of the Ramayana]; Ream Eyso (or So) រាមសូរ, the giant Ramsa in the Ramayana-Reamker, and Hanuman ហនុមាន.
Behind him, several tiaras and diadems surround the God of Dance, Preah Noreay ព្រះនារាយណ៍, the Khmer Vishnu [in the Khmer pantheon, Vishnu has substituted Shiva as Nataraja, the master of Nāṭya (sk नाट्य),dramatic art]. At his feet is the black mask of Ngoh ងោះ, another important figure of the Khmer mythology who appeared first in the 17th century tale
[undated photo, Ministry of Culture and Fine Arts, p. 42 in the booklet]
The Mask Altar presiding over a performance by the Royal Cambodia.
Front row, center: Preah Moha Eysei ព្រះ មហាឥសី, ‘the Master of the Dance’, an ascet with white beard to whom all invocations are addressed. [Eysei or Isao is protagonist in the founding tale of Manimekhala, essential female figure in the pantheon of Khmer dance.]
To his right, the mokot [tiaras] belonging to the First Apsara, one princess and one pronce (in that order).
To his left, the masks of Krung Reap ក្រុងរាពណ៍, the king of giants [Ravana in the Khmer version of the Ramayana]; Ream Eyso (or So) រាមសូរ, the giant Ramsa in the Ramayana-Reamker, and Hanuman ហនុមាន.
Behind him, several tiaras and diadems surround the God of Dance, Preah Noreay ព្រះនារាយណ៍, the Khmer Vishnu [in the Khmer pantheon, Vishnu has substituted Shiva as Nataraja, the master of Nāṭya (sk नाट्य),dramatic art]. At his feet is the black mask of Ngoh ងោះ, another important figure of the Khmer mythology who appeared first in the 17th century tale
[undated photo, Ministry of Culture and Fine Arts, p. 42 in the booklet]
Renaissance du Ballet sous sa forme moderne
Cest l’avènement de Sa Majesté le Roi Norodom. Sihanouk, le 23 avril 1941, qui va permettre de sauver le corps de ballet. Rappelons qu’après une abdication, il occupe à nouveau aujourd’hui le trône du Cambodge. Peu après son couronnement et devant toutes les menaces qui pesaient sur lui, la princesse Kossamak, sa mère, prend la résolution de tout faire, non seulement pour organiser la survie de la troupe, mais aussi pour lui rendre tout le prestige dont elle jouissait autrefois. Elle poursuivra cette tâche avec une ténacité sans faille et une autorité encore affermie après 1955, date à laquelle elle monte sur le trône au côté du roi Norodom Suramarit, sous le nom de Sisowath Kossamak Nearyrath. Cette volonté l’habitera jusqu’à sa mort, survenue en exil à Pékin le 27 avril 1975, dix jours après la prise du pouvoir par les Khmers Rouges.
L’influence de la reine né se limita pas aux aspects matériels de cette tâche. S’entourant des collaborateurs les plus compétents en chaque matière, faisant preuve d’un goût très sûr et intuitivement douée pour l’art de la scène, la reine Kossamak est indubitablement le sauveur de la tradition chorégraphique et l’inventeur du Ballet moderne. Elle s’assura d’abord de l’appui du Roi son fils. Celui-ci s’engagea personnellement dans ce grand dessein en mettant à sa disposition une partie de sa maigre liste civile. Des logements furent construits au Palais royal pour sept femmes âgées, anciennes premières danseuses qui acceptèrent de transmettre aux jeunes les traditions et le savoir-faire dont elles étaient les dernières détentrices.
L’entrainement reprit et une troupe de 48 danseuses fut réunie qui put bientôt présenter à nouveau quelques grandes pièces du répertoire. Il fallut déployer des prodiges d’ingéniosité pour se procurer les soieries indispensables au remplacement d ‘un minimum de 14 costumes que leur état d’usure et de délabrement avait rendu inutilisables. Un groupe de femmes du Palais se firent couturières et y travaillèrent sans relâche jour et nuit. On peut également voir dans ce zèle une forme de résistance aux autorités coloniales de l’époque, qui se montraient fortement hostiles aux dépenses destinées au ballet. Au point que, comme nous le rapporte l’historien Charles Meyer, une intervention personnelle du Roi fut nécessaire pour imposer à ces fonctionnaires un spectacle de danses avec la troupe et le programme voulus par sa mère à l’occasion de son anniversaire.
En 1965, le corps de ballet comprenait 300 enseignantes de danse classique et 500 élèves recrutées non plus exclusivement dans des familles vivant au Palais, mais dans toutes les couches de la société. La reine invita et aida les troupes privées qui s’étaient constituées en province et en ville, depuis l’abandon d’Angkor. Dans l’enceinte du Palais royal, la grande salle Chanchhaya, largement ouverte sur la ville et les jardins, fut dévolue à la danse classique, à la fois pour les représentations et pour les grandes répétitions. Une seconde salle du Palais fut affectée à l’entraînement des danseuses.
La reine Kossamak veilla personnellement à débarrasser costumes, accessoires et chorégraphie de toutes les influences étrangères qui s’y étaient progressivement infiltrées. Elle élargit aux dimensions d’une salle de spectacle les pièces habituellement limitées à un ou deux personnages dans des salles basses, étroites et mal éclairées. Elle découpa les longues représentations de l’épopée khmère du Reamker, qui duraient toute une nuit, en séquences qui puissent être dansées de façon autonome et cohérente.
[encart] Les deux ballets “Ream Leak-Chhup Leak” et “Makara” ont été entièrement révisés en 1950. Le premier est un extrait du Ream-Ker. Makara est le nom d’un serpent mythique représenté fréquemment sur fes temples angkoriens. Sur scène, c’est une ligne de danseuses qui serpente et ondule au rythme de la musique. Une première danseuse figure la tête du monstre, la dernière sa queue. Les éventails sont les écailles qui brillent et frémissent dans le mouvement général de son déplacement. “Apsara” a été créé en 1962. Cinq danseuses sacrées, les “apsara”, sont figurées sur un bas-relief angkorien que le public découvre au lever du rideau. La musique commence et tout à coup voici qu’elles s’animent. Très doucement, les voici qui descendent de leurs niches richement encadrées qu’elles occupaient. Elles font le salut traditionnel, mains jointes, puis dansent entre elles en gracieuses évolutions avant de reprendre leur place initiale. Le rêve s’est évanoui, il né reste plus qu ‘un mur de pierre et cinq apsara immobiles. Pour cette création, la reine Kossamak s’est attachée à reproduire avec une fidélité très scrupuleuse les coiffures, les bijoux et les attitudes représentés sur les murs d’Angkor-Wat depuis le début du Xllè siècle.
Elle se consacra tout particulièrement à la formation de la princesse Norodom Buppha Devi, fille du Roi Sihanouk, sa propre petite-fille, dont elle avait très tôt remarqué les dispositions pour la danse classique. Transgressant les règles du protocole, elle l’envoya se perfectionner au domicile privé des vieilles maîtresses de ballet en même temps qu’elle lui assurait une formation générale classique. Passant des journées entières dans les temples à noter soigneusernent les postures, gestes, vêtements, parures et bijoux de l’époque angkorienne, elle conçut l’idée d’un nouveau ballet dans lequel on pourrait voir comme dans un rêve des Apsaras descendre un moment de leurs bas-reliefs pour se mêler au monde des humains. La princesse Buppha Devi, devenue première danseuse, en interpréta le personnage principal. Elle y montra une telle perfection et s’identifia à ce point au rôle que son père, le Roi Norodom Sihanouk en fit le sujet d’un de ses films les plus célèbres.
Mais l’intérêt de la reine Kossamak né se limitait pas au Ballet royal. Il se porta aussi sur des formes de spectacles populaires jusque là méprisés ou ignorés. Certaines doivent sans doute aussi leur survie au fait qu’elle les fit reconnaître par l’Université ou le Conservatoire.
Sampeah Kru សំពាហ៍គ្រូ, ceremony of the offerings to the spirits of dance in 1910, at the Royal Palace dance hall which was to be replaced with a concrete building in September 1912. [photo Ministry of Culture and Fine Arts].
Princess Buppha Devi at the Royal Palace c. 1966 [photo Royal Government, Ministry of Information].
1) Sampeah Kru សំពាហ៍គ្រូ, ceremony of the offerings to the spirits of dance in 1910, at the Royal Palace dance hall which was to be replaced with a concrete building in September 1912. [photo Ministry of Culture and Fine Arts]. 2) Princess Buppha Devi at the Royal Palace c. 1966 [photo Royal Government, Ministry of Information].
Rebirth of the Ballet in its Modern Form
It was the accession of His Majesty King Norodom Sihanouk on April 23, 1941, that saved the ballet company. It is worth noting that after an abdication, he now occupies the throne of Cambodia once again. Shortly after his coronation, and faced with all the threats hanging over him, Princess Kossamak, his mother, resolved to do everything possible not only to ensure the troupe’s survival but also to restore its former prestige. She pursued this task with unwavering tenacity and an authority further strengthened after 1955, when she ascended the throne alongside King Norodom Suramarit, taking the name Sisowath Kossamak Nearyrath. This determination would sustain her until her death, which occurred in exile in Beijing on April 27, 1975, ten days after the Khmer Rouge seized power.
The queen’s influence was not limited to the practical aspects of this task. Surrounding herself with the most competent collaborators in every field, demonstrating impeccable taste and an intuitive gift for the performing arts, Queen Kossamak is undoubtedly the savior of the choreographic tradition and the inventor of modern ballet. She first secured the support of her son, the King. He personally committed himself to this grand project by allocating a portion of his meager civil list. Apartments were built in the Royal Palace for seven elderly women, former principal dancers, who agreed to pass on to younger generations the traditions and expertise of which they were the last custodians.
Training resumed, and a troupe of 48 dancers was assembled, soon able to perform some of the major works in the repertoire once again. It took remarkable ingenuity to procure the silks needed to replace at least 14 costumes that had become unusable due to wear and tear. A group of women from the Palace became seamstresses and worked tirelessly day and night. This zeal can also be seen as a form of resistance to the colonial authorities of the time, who were strongly opposed to spending on the ballet. So much so that, as historian Charles Meyer recounts, the King’s personal intervention was necessary to compel these officials to perform a dance recital with the troupe and program his mother had envisioned for his birthday.
By 1965, the ballet company comprised300 classical dance teachers and 500 students recruited not exclusively from families living at the Palace, but from all walks of life. The queen invited and supported the private troupes that had formed in the provinces and the city since the abandonment of Angkor. Within the Royal Palace grounds, the grand Chanchhaya Hall, opening widely onto the city and gardens, was dedicated to classical dance, both for performances and for large-scale rehearsals. A second hall in the Palace was assigned to the dancers’ training.
Queen Kossamak personally oversaw the removal of all foreign influences that had gradually crept into the costumes, props, and choreography. She expanded the performances, usually limited to one or two characters in low, narrow, and poorly lit rooms, to the dimensions of a theater. She divided the long performances of the Khmer epic, the Reamker, which lasted all night, into sequences that could be danced independently and coherently.
[Inset] The two ballets “Ream Leak-Chhup Leak” and “Makara” were completely revised in 1950. The first is an excerpt from the Ream-Ker. Makara is the name of a mythical serpent frequently depicted on Angkorian temples. On stage, it is a line of dancers that winds and undulates to the rhythm of the music. The first dancer represents the head of the monster, the last its tail. The fans are the scales that gleam and shimmer in the overall movement of its motion. “Apsara” was created in 1962. Five sacred dancers, the “apsaras,” are depicted on an Angkorian bas-relief that the audience sees as the curtain rises. The music begins, and suddenly they come to life. Very gently, they descend from the richly framed niches they occupied. They offer the traditional greeting, hands clasped, then dance among themselves in graceful movements before returning to their original positions. The dream has vanished; all that remains is a stone wall and five motionless apsaras. For this creation, Queen Kossamak meticulously reproduced the hairstyles, jewelry, and poses depicted on the walls of Angkor Wat since the beginning of the 12th century.
She devoted herself particularly to the training of Princess Norodom Buppha Devi, daughter of King Sihanouk, her own granddaughter.
La création de I’Université et ses conséquences
Le 25 novembre 1964 avait en effet vu la création d’une “Université royale des Beaux Arts”, constituée de 5 Facultés : Arts chorégraphiques, Musique, Arts plastiques, Archéologie, Architecture et urbanisme. Son premier Recteur, Vann Molyvann, explique ainsi l’insertion du Corps de Ballet dans cette vaste structure: ”La seule forme artistique traditionnelle qui ait su adopter les techniques modernes sans rien perdre de sa vitalité est la danse, telle qu’elle est exécutée par le Ballet roya] dans sa forme classique. C’est à Sa Majesté la Reine que nous devons cette évolution. Elle a donné tous ses soins à une régénération progressive des techniques de la danse traditionnelle. C’est ainsi que de nouveaux arguments de ballet ont enrichi le répertoire, que la chorégraphie des ballets traditionnels a été mise à jour, cependant qu’une mise en scène et des effets d’éclairage ont été introduits avec Je plus grand tact.
“Qui plus est, le remplacement des danseuses atteintes par l’âge de la retraite, a été assuré par l’ouverture, dans l’enceinte du Palais, d’une école dans laquelle sont accueillis des enfants des deux sexes qui s’exercent aux techniques traditionnelles et ont l’ambition de devenir premières danseuses du Corps de Ballet royal. Ces innovations se font dans le respect de ses traditions qui remontent à plus de mille ans. Ces traditions, établies à l’époque où la cour des rois khmers était établie à Angkor, né portent pas seulement témoignage de l’origine royale du Ballet, mais aussi de son caractère sacré: les danses qu’exécute le Ballet sont aussi des rituels soumis à des conventions rigoureuses.” [Revue Kambuja, mai 1965]
Un ”Conservatoire national des spectacles” est chargé d’assurer la préservation et éventuellement la reconstitution de tous les gemes de spectacles que connaît le Cambodge. Il s’intéresse aux formations orchestrales, à la danse classique khmère, et à toutes les formes de spectacles traditimmels, folklore khmer, chant choral et musiques occidentales notamment. Les maîtresses de Ballet sont recrutées par le Conservatoire et jouissent désormais de la sécurité d’un statut de fonctionnaire. Les jeunes rats deviennent les élèves d’une section de la Faculté des Arts chorégraphiques. Ils reçoivent à mi-temps un enseignement de cuJture générale, ce qui constitue une véritable révolution par rapport à leurs prédécesseurs.
Cette organisation inscrit le Corps de Ballet royal à l’intérieur d’un système national qui veut embrasser en son sein toutes les formes de spectacle existantes. Le Souverain offre à l’État un corps de ballet dont il assurait jusque là la direction exclusive. L’État lui donne en retour dans ses institutions une place officielle qui assure sa pérennité, et garantit l’éducation des jeunes artistes. Les contraintes de la société moderne rendaient indispensable cette réforme, qui a été entreprise au moment le plus favorable et menée à bien sans heurts. Elle n’est évidemment pas exempte de risques, le plus manifeste étant qu’un art aussi exigeant que la danse classique né se banalise en perdant son statut d’exception et en se rangeant au côté de n’importe quelle autre forme de spectacle.
Comment les artistes pourraient-elles continuer à accepter les souffrances quotidiennes qu’exigent des heures de répétition quotidienne et le supplice de plusieurs heures de préparation avant chaque représentation si elles né se sentaient plus investies d’une mission particulière ou perdaient le respect et l’admiration que méritent ces sacrifices? Que ce rite millénaire se déprécie au point de n’être plus qu’un spectacle parmi d’autres, que l’art du geste en vienne à perdre son caractère sacré, et c’est la qualité de la danse classique khmère qui s’en trouvera toute entière affectée, peut-être même jusqu’à perdre son âme et l’admiration de l’étranger. L’intérêt passionné que lui manifesta la reine Kossamak, allié à la compétence et au goût dont elle fit preuve bien qu’elle né fût pas danseuse elle-même ont permis d’éviter cet écueil. Celui de sa petite-fille, la princesse Buppha Devi le permet encore aujourd’hui parce qu’elle poursuit son oeuvre dans une scrupuleuse fidélité à ses principes, avec la double autorité que lui confère son poste de Ministre de la Culture et son prestige d’ancienne danseuse étoile du ballet.
The establishment of the University and its outcome
The “Royal University of Fine Arts”, established on 25 November 1964, comprised of five faculties: Choreographic Arts, Music, Visual Arts, Archaeology, and Architecture and Urban Planning. Its first Rector, Vann Molyvann, explained the integration of the Ballet Corps into this vast structure as follows: “The only traditional art form that has successfully adopted modern techniques without losing any of its vitality is dance, as performed by the Royal Ballet in its classical form. We owe this evolution to Her Majesty the Queen. She devoted herself to the gradual regeneration of traditional dance techniques. As a result, new ballet themes have enriched the repertoire, the choreography of traditional ballets has been updated, and staging and lighting effects have been introduced with the utmost care.”
“Moreover, the replacement of dancers reaching retirement age has been ensured by the opening, within the Palace grounds, of a school where children of both sexes are welcomed to practice traditional techniques and aspire to become principal dancers of the Royal Ballet. These innovations are carried out with respect for its traditions, which date back more than a thousand years. These traditions, established at the time when the court of the Khmer kings was based in Angkor, not only testify to the royal origin of the Ballet, but also to its sacred character: the dances performed by the Ballet are also rituals subject to rigorous conventions.” [Kambuja Review, May 1965]
A “National Conservatory of Performing Arts” was established to ensure the preservation and, if necessary, the revival of all forms of performance in Cambodia. It focused on orchestral ensembles, classical Khmer dance, and all forms of traditional performance, including Khmer folklore, choral singing, and Western music. Ballet mistresses were recruited by the Conservatory and now enjoyed the security of civil servant status. Young dancers became students in a section of the Faculty of Choreographic Arts. They received part-time instruction in general culture, a true revolution compared to their predecessors.
This organization integrated the Royal Ballet into a national system that aimed to encompass all existing forms of performance. The Sovereign gifted the State with a ballet corps, which he had previously controlled exclusively. In return, the State granted it… institutions have an official place that ensures its continuity and guarantees the education of young artists. The constraints of modern society made this reform essential, and it was undertaken at the most opportune moment and carried out smoothly. It is obviously not without risks, the most obvious being that an art as demanding as classical dance might become commonplace, losing its exceptional status and merging with any other form of entertainment.
How could artists continue to accept the daily suffering required by hours of daily rehearsal and the ordeal of several hours of preparation before each performance if they no longer felt invested with a particular mission or lost the respect and admiration that these sacrifices deserve? If this age-old rite were to depreciate to the point of being just another spectacle, if the art of movement were to lose its sacred character, the entire quality of Khmer classical dance would be affected, perhaps even to the point of losing its soul. The admiration of foreigners. The passionate interest shown by Queen Kossamak, combined with the competence and taste she demonstrated despite not being a dancer herself, helped to avoid this pitfall. The influence of her granddaughter, Princess Buppha Devi, still allows this today because she continues her work with scrupulous fidelity to her principles, with the dual authority conferred by her position as Minister of Culture and her prestige as a former prima ballerina of the ballet.
Mort et résurrection du ballet khmer
Après le coup d’Etat du 18 mars 1970, les institutions anciennes restent en place et continuent apparemment à fonctionner normalement. Mais la situation générale a changé. La guerre éclate presque aussitôt et impose d’autres priorités au gouvernement. Discrètement, la vie du ballet continue. Les répétitions reprennent progressivement, dans la salle Chhanchaya du Palais royal, puis à la Faculté. On fera à nouveau appel à lui pour honorer les visiteurs officiels de haut rang. Les représentations ont lieu le plus souvent dans le vieux “Palais du Gouvernement”, parfois dans la salle de réception du palais de Chamcar Mon où s’est installé le nouveau pouvoir. il né semble pas qu’il lui ait été demandé d’apporter sa légitimité lors de la discrète proclamation de la République, ce qui aurait constitué un singulier paradoxe. Est-ce à la piété ou à la superstition bien connue du général Lon Nol, prestement élevé à la dignité de Maréchal, et nouveau Chef de l’État qu’on le doit? Toujours est-il qu’aucune directive né vient imposer de modification dans un répertoire, ni dans des rites qui sont pourtant très marqués par leurs origines monarchiques. Seuls seront expurgés les textes des choeurs. Et le grand Théâtre Suramarit dont le prince Sihanouk avait doté la ville en 1968 sera vaguement rebaptisé “Théâtre national” ou “Théâtre Tonlé Bassac”.
Le 3 novembre 1973, la reine Kossamak quitte définitivement le Cambodge pour Pékin où elle s’éteindra le 27 avril 1975, dix jours après la prise du pouvoir par Pol Pot. Le Recteur de l’Université Hang Thun Hak, devenu très rapidement Ministre, puis Premier ministre, sera une des premières victimes des Khmers Rouges. Sous le régime de Pol Pot, les membres du Corps de Ballet partagent le sort commun à toute la population cambodgienne : déportation, travail forcé, manqué de nourriture et de soins … Les artistes paraissent même avoir été une des cibles privilégiées du régime tant parait élevé le nombre de ceux qui furent exécutés. A commencer par le plus populaire d’entre eux, le chanteur Sinn Sisamouth, qui mettait brillamment sa formation classique au service d’une chanson moderne de qualité. Contradictions internes d’un régime qui prétendait répondre aux aspirations des couches populaires. Ceux dont l’identité étaient découverte étaient absurdement convaincus, par Je délire du système, d’avoir participé à des activités subversives au profit du KGB ou de la CIA. Beaucoup moururent de faim ou de manqué de soins. Le ballet fut bien près de disparaître par simple extinction physique. Le pouvoir l’assimilait aux robob sakadéphum [1], terme par lequel on désignait dans son jargon politique toute activité, personne, bâtiment ou instrument considéré comme contre-révolutionnaire. Ce qui le condamnait à être éliminé pour faire place à la société nouvelle.
Les Cambodgiens auxquels le hasard d’un stage, la chance de se trouver à proximité d’une frontière ou le courage de franchir les lignes ont permis d’échapper à la servitude se retrouvent à l’étranger. Le mouvement s’amplifiera avec la chute du régime Khmer Rouge, et plusieurs centaines de milliers de Khmers se retrouveront dispersés aux quatre coins du monde. Beaucoup en Thaïlande, mais aussi aux USA, en France et ailleurs … Des petites troupes de danse éclosent partout, désireuses d’assurer la survie d’un patrimoine que son immatérialité rend particulièrement fragile. Les plus connues sont celles de “Site B” et “Site 2” à la frontière khméro-thaïe, celle de Khao I Dang sur le territoire thaïlandais, celle du “Cambodian American Heritage” aux USA, le “Ballet classique khmer” à Paris et bien d’autres encore. Une maîtresse de danse épargnée, une ou deux danseuses, parfois même une simple cassette vidéo indéfiniment recopiée suffisent à initier des cours d’apprentissage qui sont à la fois un acte de patriotisme et un hommage au Ballet royal. La princesse Buppha Devi se dépense sans compter pour les encourager et faire bénéficier l’apprentissage de son immense expérience.
Trois ans, huit mois et vingt jours plus tard, le régime Khmer Rouge s’est en effet effondré. Sur place, les populations mettent aussitôt à profit leur liberté retrouvée pour sillonner le Cambodge en tous sens. Chacun fuit le dernier lieu de sa détention pour retrouver ce qui lui reste de son passé. Le village natal d’abord, puis le lieu de ses activités professionnelles. Un vif désir de redonner vie à tout ce qui avait été interdit envahit chacun. Les provinces retentissent les premières de la musique et des danses du passé : ramvong, ramkbech … Des groupes d’artistes se forment spontanément. Mais la ville de Phnom-Penh fait peur. Abandonnée depuis quatre ans aux difficiles conditions météorologiques tropicales et dépourvue de tout entretien, elle est en outré devenue quasi inhabitable. On se retrouve, on se regroupe par affinités et on s’installe tant bien que mal dans les faubourgs. Des petites troupes artistiques se reforment ainsi aux abords de la ville, sur les routes qui mènent à la capitale. On met ses maigres ressources en commun, et aucune monnaie n’ayant plus cours, on pratique le troc.
Le Ministre chargé de la Culture, Kev Chenda, installe son rninistère dans l’ancienne Direction du Service pédagogique, sur le Boulevard Monivong devenu momentanément “Achar Mean”. Pour les répétitions, il obtient une villa particulière, futur siège de la Croix-Rouge cambodgienne. ll fait affecter les grands immeubles du Front de Bassac, connus sous le nom de “Building gris”, proches du théâtre et de l’ancien Conservatoire des spectacles aux artistes de l’Université qui se sont fait connaître et veulent reprendre le travail en commun. Le corps de Ballet s’est reformé autour des grands maîtres qui ont survécu. Une “École des Beaux-Arts” est créée. Les premières classes n’ont guère d’élèves. Elles s’étofferont par la suite. La section de danse classique se met en place et on décide de remonter les ballets anciens. Ce sera d’abord la Danse des souhaits, qui né nécessite que des moyens réduits, puis Apsara, Mani Mekhala, enfin Tep Monorom qui consacre la résurrection définitive du Ballet classique.
Tout cela se fait dans une indigence à peine imaginable. Il n’est pas rare, dans les premiers temps, de voir une danseuse perdre connaissance pendant un exercice. C’est qu’elles doivent souvent se contenter, comme le reste de la population, d’une soupe de riz mélangée de maïs, ou de patates douces pour tout repas. Mais une formidable envie de danser et de danser encore, pour s’évader des misères de la vie quotidienne les habite. Danser les dieux, les princes et les princesses, c’est aussi une façon de conjurel’ les souffrances passées. “A vrai dire, confient-elles aujourd’hui, on né pensait guère à ce que l’on avait à manger”.
Pour le matériel, on récupère tout ce qu’on peut trouver d’utile dans cette vaste décharge qu’est devenue la ville. Le premier ministre lui-même participe, à pied, à ce travail d’éboueur. Chaque découverte est une nouvelle victoire : de vieux instruments à l’intérieur du Palais, dans l’ancienne École supérieure de Pédagogie, à l’école Bak Tuk notamment. Ici une moitié de tambour abandonnée, là un xylophone utilisé comme mangeoire pour les porcs. Des costumes élimés, en lambeaux, mais qui, amoureusement et patiemment ravaudés éblouiront les premiers spectateurs et leur sembleront être les plus beaux que le corps de ballet ait jamais portés.
On fait à nouveau appel au ballet pour célébrer les fêtes officielles et honorer les hôtes de marque du gouvernement. Les spectacles sont présentés le plus souvent dans le grand Théâtre, à l’Hôtel du Gouvernement, dans la salle Chaktomuk et dans la salle Pochhany à l’intérieur du Palais. Fait assez exceptionnel, des représentations sont données en province: à Kompong Cham, à Battambang, à Pursat, et même à Rattanakiri, avec le folklore et le chant choral. Le corps de Ballet se porte devant un auditoire auquel ses personnages et ses légendes sont depuis longtemps familiers. Stupéfaits par tant de beauté, ces publics populaires leur assurent partout le succès. “Il aura fallu, dit une spectatrice, que j’attende jusqu’à l’âge de 70 ans pour voir enfin le Ballet royal avant de mourir”.
Death and Resurrection of the Khmer Ballet
After the coup d’état of March 18, 1970, the old institutions remained in place and apparently continued to function normally. But the overall situation had changed. War broke out almost immediately and imposed new priorities on the government. Discreetly, the ballet’s life continued. Rehearsals gradually resumed, first in the Chhanchaya Hall of the Royal Palace, then at the Faculty. It was once again called upon to honor high-ranking official visitors. Performances took place most often in the old “Government Palace,” sometimes in the reception hall of the Chamcar Mon Palace, where the new power had established itself. It does not appear that the ballet was asked to lend its legitimacy to the discreet proclamation of the Republic, which would have constituted a singular paradox. Was this due to the piety or the well-known superstition of General Lon Nol, quickly elevated to the rank of Field Marshal and the new Head of State? Nevertheless, no directive was issued to impose any changes to the repertoire, nor to the rituals, which were nonetheless deeply marked by their monarchical origins. Only the choral texts were expurgated. And the grand Suramarit Theatre, which Prince Sihanouk had endowed the city with in 1968, was vaguely renamed the “National Theatre” or the “Tonlé Bassac Theatre.”
On November 3, 1973, Queen Kossamak left Cambodia for good, returning to Beijing where she died on April 27, 1975, ten days after Pol Pot seized power.Hang Thun Hak, Rector of the University, who very quickly became Minister and then Prime Minister, was one of the first victims of the Khmer Rouge. Under Pol Pot’s régime, members of the Ballet Corps shared the fate common to the entire Cambodian population: deportation, forced labor, lack of food and medical care… The artists even appear to have been a prime target of the régime, given the high number of those executed. This included the most popular among them, the singer Sinn Sisamout, who brilliantly used his classical training to create high-quality modern songs. These were the internal contradictions of a régime that claimed to represent the aspirations of the working class. Those whose identities were discovered were absurdly convinced, by the system’s delusions, that they had participated in subversive activities for the KGB or the CIA. Many died of hunger or lack of medical care. The ballet came very close to disappearing altogether. The régime equated it with “robob sakadephum,” [1] a term used in its political jargon to designate any activity, person, building, or instrument considered counter-revolutionary. This condemned him to be eliminated to make way for the new society.
Cambodians who, through chance encounters with interns, the good fortune of being near a border, or the courage to cross the lines, escaped servitude found themselves abroad. This movement intensified with the fall of the Khmer Rouge régime, and several hundred thousand Khmers found themselves scattered across the globe. Many settled in Thailand, but also in the USA, France, and elsewhere. Small dance troupes sprang up everywhere, eager to ensure the survival of a heritage whose intangible nature made it particularly fragile. The best known are those of “Site B” and “Site 2” on the Khmer-Thai border, the Khao I Dang troupe in Thailand, the “Cambodian American Heritage” troupe in the USA, the “Ballet Classique Khmer” in Paris, and many others. A spared dance teacher, one or two dancers, sometimes even a simple video cassette endlessly copied, were enough to initiate training classes that were both an act of patriotism and a tribute to the Royal Ballet. Princess Buppha Devi devoted herself tirelessly to encouraging them and sharing her vast experience with the students.
Three years, eight months, and twenty days later, the Khmer Rouge régime had indeed collapsed. Once there, the people immediately took advantage of their newfound freedom to crisscross Cambodia. Everyone fled their last place of detention to rediscover what remained of their past: first their native village, then the place of their work. A fervent desire to revive everything that had been forbidden swept over everyone. The provinces were the first to resound with the music and dances of the past: ramvong, ramkbech... Groups of artists formed spontaneously. But the city of Phnom Penh was frightening. Abandoned for four years to the harsh tropical weather and lacking any maintenance, it has also become virtually uninhabitable. People gather, regroup based on shared interests, and settle as best they can in the suburbs. Small artistic troupes are reforming, and in the absence of any currency people manage to survive by bartering.
The Minister of Culture, Kev Chenda, established his ministry in the former Directorate of Educational Services building on Monivong Boulevard, temporarily renamed “Achar Mean.” For rehearsals, he secured a private villa, the future headquarters of the Cambodian Red Cross. He allocated the large buildings on the Bassac Front, known as the “Grey Building,” near the theater and the former Conservatory of Performing Arts, to renowned university artists who wished to resume working together. The ballet company reformed around the surviving masters. A “School of Fine Arts” was established. The first classes had few students, but enrollment would later increase. The classical dance section was set up, and the decision was made to revive historical ballets. First came the Dance of Wishes, which required only minimal resources, then Apsara, Mani Mekhala, and finally Tep Monorom, which marked the definitive resurrection of classical ballet.
All this was done in barely imaginable poverty. In the early days, it wasn’t uncommon to see a dancer faint during a rehearsal. They often had to make do, like the rest of the population, with rice soup mixed with corn, or sweet potatoes for their entire meal. But a tremendous desire to dance, and dance some more, to escape the miseries of daily life, consumed them. Dancing the gods, princes, and princesses was also a way to ward off past suffering. “To tell the truth,” they confide today, “we hardly ate what we had.”
For equipment, they salvaged anything useful they could find in the vast junkyard the city had become. The Prime Minister himself participated, on foot, in this scavenger hunt. Each discovery was a new victory: old instruments inside the Palace, in the former Higher Pedagogical School, and at the Bak Tuk School, among others. Here, half a discarded drum; there, a xylophone used as a pig trough. Worn-out costumes, in tatters, but lovingly and patiently mended, would dazzle the first spectators and seem to them the most beautiful the ballet company had ever worn.
The ballet was once again called upon to celebrate official holidays and honor distinguished guests of the government. The performances were most often presented in the Grand Theater, at Government House, in the Chaktomuk Hall, and in the Pochhany Hall inside the Palace. Quite exceptionally, performances were given in the provinces: in Kompong Cham, Battambang, Pursat, and even Rattanakiri, complete with folklore and choral singing. The ballet company performed before audiences long familiar with its characters and legends. Stunned by such beauty, these popular audiences ensured their success everywhere. “I had to wait until I was 70 to finally see the Royal Ballet before I died,” said one spectator.
Two views of the Suramarit Theater in the early 2000s: the dance stage and auditorium overgrown by plants after the 1994 fire; seamstresses working on the floor of the lobby [photos Ministry of Culture and Fine Arts].
Two views of the Suramarit Theater in the early 2000s: the dance stage and auditorium overgrown by plants after the 1994 fire; seamstresses working on the floor of the lobby [photos Ministry of Culture and Fine Arts].
Two views of the Suramarit Theater in the early 2000s: the dance stage and auditorium overgrown by plants after the 1994 fire; seamstresses working on the floor of the lobby [photos Ministry of Culture and Fine Arts].
Le Ballet royal aujourd’hui et ses difficultés
Le pays a retrouvé aujourd’hui la stabilité et la paix. Après les accords de Paris, il est devenu une monarchie constitutionnelle, et en septembre 1993, le Roi Norodom Sihanouk est remonté sur le trône. Le Ballet a désormais quitté le Palais royal et est devenu la ”Section de danse classique de la Faculté d’Arts chorégraphiques” au sein de l’Université royale des Beaux-Arts. La princesse Buppha Devi, Ministre de la Culture, veille à ce que les danseuses jouissent enfin du respect et de la dignité que leur confèrent leur passé et la difficulté de leur art. Les enseignantes jouissent désormais d’un statut au sein de la fonction publique qui leur assure la stabilité et un salaire régulier. Mais les ressources de l’État sont bien trop réduites pour que ce salaire leur permettent des conditions de vie en rapport avec leur savoir. Pour l’améliorer, bien des maîtresses, malgré leur âge, se font couturières pour confectionner les robes de luxueux mariages privés, après les cours.
La qualité retrouvée et unanimement reconnue du Ballet cache bien des difficultés. Il faut quinze ans de travail acharné pour faire une grande danseuse de ballet classique. Or le génocide a creusé une large brèche dans la pyramide des âges. Comment combler ce fossé qui s’est brusquement ouvert entre les plus anciennes qui né sont plus en état de danser, et les plus jeunes, auxquelles le temps a manqué pour atteindre le niveau de leurs devancières? La mondialisation des loisirs déverse sur les jeunes générations un flot de spectacles et de distractions d’accès facile. Le système éducatif, dont le corps enseignant a été décimé né peut que très progressivernent retrouver son niveau d’autrefois. Des choix drastiques imposent au pays des priorités dans les domaines financier, économique et technique. Où trouver les moyens de lutter à armes égales contre des programmes commerciaux et des télévisions, souvent étrangères, qui disposent de moyens financiers considérables?
Les bâtiments dans lesquels ont lieu les répétitions, les locaux gui abritent les costumes, les vestiaires des danseuses, les logements des artistes, la salle de travail de l’Université, sans compter les bâtiments administratifs et les salles qui abritent les instruments anciens, malgré quelques remises en état partielles qui relèvent de l’ingéniosité et de la récupération, restent dans un état très précaire. Une modeste salle de représentation, astucieusement meublée de sièges de réemploi, né peut faire oublier la disparition du théâtre dont le roi avait doté la ville en 1968, suite à un incendie accidentel survenu en 1994. Dans un des plus beaux sites de la ville, ses murs calcinés s’ouvrent tristement sur une salle largement éventrée. Ce n’est pas seulement une salle de représentation à sa mesure que le Ballet royal a perdu là en quelques heures, c’est son instrument de travail essentiel, salles de répétition, salle de cours, magasins d’accessoires et de costumes, bibliothèque de documentation … et aucune initiative n’a pu jusqu’ici permettre d’en entreprendre la reconstruction.
The country has now regained stability and peace. Following the Paris Agreements, it became a constitutional monarchy, and in September 1993, King Norodom Sihanouk returned to the throne. The Ballet has now left the Royal Palace and become the “Classical Dance Section of the Faculty of Choreographic Arts” within the Royal University of Fine Arts. Princess Buppha Devi, Minister of Culture, is ensuring that the dancers finally receive the respect and dignity befitting their heritage and the demanding nature of their art. The teachers now enjoy civil service status, guaranteeing them stability and a regular salary. However, state resources are far too limited for this salary to provide them with a standard of living commensurate with their expertise. To supplement their income, many teachers, despite their age, work as seamstresses, creating gowns for lavish private weddings after classes.
The Ballet nowadays: reality and challenges
The Ballet’s restored and universally acclaimed quality masks many challenges. It takes fifteen years of dedicated work to become a great classical ballet dancer. Yet the genocide created a significant gap in the age structure. How can this gap, which has been so long, be bridged? A sudden divide has opened between the older generation, no longer able to dance, and the younger generation, who haven’t had the time to reach the level of their predecessors. The globalization of leisure floods younger generations with easily accessible entertainment and distractions. The education system, whose teaching staff has been decimated, can only very gradually recover to its former level. Drastic choices force the country to prioritize financial, economic, and technical matters. Where can the resources be found to compete on equal terms with commercial programs and television channels, often foreign, which have considerable financial means?
The buildings where rehearsals take place, the rooms housing the costumes, the dancers’ dressing rooms, the artists’ accommodations, the university’s workroom, not to mention the administrative buildings and the rooms housing the antique instruments, despite some partial restorations based on ingenuity and resourcefulness, remain in a very precarious state. A modest performance hall, cleverly furnished with seats… Reuse cannot erase the memory of the theater that the king had endowed the city with in 1968, following an accidental fire in 1994. In one of the city’s most beautiful locations, its charred walls sadly open onto a largely gutted auditorium. The Royal Ballet lost not only a performance hall befitting its stature in just a few hours, but also its essential working tool: rehearsal rooms, classrooms, prop and costume storage, a library… and no initiative has yet been able to undertake its reconstruction.
Costume Legacy — On 18 March 2026, the time-honored work of Royal Ballet designer Lim Sreng លឹម ស្រេង was recognized in a dazzling event at Chatomuk Theater, where dancers and students sported the shimmering sampots and sparkling bustiers the artist has designed throughout the years. Lim Sreng (Sylvain) has also supervised the restoration of period costumes now kept at the National Museum of Cambodia.
Attended by eminent members of the Royal family, the event organized by the Ministry of Culture and Fine Arts showcased the classic court dance as an essential part of the national heritage. Significantly, the artist was congratulated on stage by officials of the Royal Palace and H.E. Men Sam An ម៉ែន សំអន (b. 15 Aug. 1953), the first female permanent Deputy Prime Minister of Cambodia, and the first female four-star general. [photo ADB].
Costume Legacy — On 18 March 2026, the time-honored work of Royal Ballet designer Lim Sreng លឹម ស្រេង was recognized in a dazzling event at Phnom Penh Chaktomuk Theater, where dancers and students sported the shimmering sampots and sparkling bustiers the artist has designed throughout the years. Lim Sreng (Sylvain) has also supervised the restoration of period costumes now kept at the National Museum of Cambodia.