Visions d'Extreme-Orient, Coree, Chine, Indochine, Siam, Birmanie | Visions of the Far East, Korea, China, Indochina, Siam, Burma

by Robert Chauvelot

From Korea to Cambodia and Lao, a quite perceptive travelogue from the 1920s.

Chauvelot voyage extreme orient 1928 cover

Type: e-book

Publisher: Berger-Levrault, Paris.

Edition: via humazur, ADB redigitization.

Published: 1928

Author: Robert Chauvelot

Pages: 323

Language : French

ADB Library Catalog ID: eTRAVCHAUV

Albeit his proclivity to overuse ellipsis (dot dot dot) and wax pomposity, the author manifests a keen eye when capturing cultural traits of the various countries he visited. While Korea and the Hue imperial palaces obviously captivated him, he had some interesting notations about festivities at Phnom Penh Royal Palace, and on prodigious Angkor”. Excerpts: 


Fête bouddhique chez le roi Sisowath [Buddhist Celebration at King Sisowath’s] (Chap VII, pp 133 – 9)

Un protocole bon enfant règne à cette Cour. Quel contraste avec celui, si tâtillon, si formaliste, de la Cour de Siam! Je me souviens encore, à ce propos, de l’étiquette rigoureuse qui présidait aux apprêts mortuaires et aux rites bouddhiques de la crémation royale à laquelle il me fut donné d’assister, à Bangkok, aussi pointilleuse qu’une cérémonie funèbre à la Cour d’Espagne ou d’Angleterre!…
Dans le courant de la vie quotidienne, à Pnom-Penh, capitale du royaume du Cambodge, le feu roi Sisowath, souverain protégé et ami de la France, menait dans son palais une existence d’une simplicité patriarcale et charmante. Et pourtant sa liste civile dépassait de beaucoup celle du Président de la République, chez nous. Le luxe le
plus coûteux du budget royal cambodgien n’est-il pas au surplus l’entretien de ces délicieuses ballerines sacrées, qui obtinrent tant de succès en 1922, à notre exposition coloniale de Marseille? Sa Majesté Sisowath, qui s’acheminait alors vers son centenaire, habitait au sud de Pnom-Penh une vaste résidence, clôturée par un mur rectangulaire, d’architecture khmère récente, aux toits fraîchement vernissés, surmontés de griffes recourbées, à la siamoise.
Vous me direz que cet ensemble d’édifices passé pour un peu clinquant. Possible. Mals il est, quand même, bien dans la note indochinoise. Le principal de ces bâtiments, de forme cruciale, est la Salle du Trône, à l’intérieur de laquelle il y a profusion de mosaïques et de fresques. C’est là qu’est couronné le monarque, après avoir pris place sur son trône en bois de tek sculpté, ajouré, filigrané. A droite et à gauche du trône, deux chapelles. Dans la première se trouvent les cendres des souverains précédents, conservées dans des urnes d’or et d’argent ciselés. Dans la seconde ont été rassemblés les cadeaux offerts au souverain régnant par les princes du sang et les étrangers de marque : bouddhas
en métal précieux, incrustés de gemmes, statues en bois sculpté, en bronze, en marbre, en pierre, armes et bibelots de toutes sortes.
Et je né parle pas du Pavillon des Pages, ni du Pavillon de l’Épée sacrée, ni du Musée particulier, ni du Trésor royal, où sont entassés, pourtant, de curieux palanquins et parasols, de diverses nuances. Sept parasols différents correspondent, en effet, aux sept jours de la semaine auxquels ils sont affectés. C’est ainsi que le roi du Cambodge
né peut circuler qu’abrité par un de ces parasols, jaune clair le lundi, violet le mardi, jaune foncé le mercredi, vert le jeudi, bleu le vendredi, noir le samedi, enfin rouge le dimanche. L’élégance veut aussi que le sampot, sorte de culotte bouffante cambodgienne, de Sa Majesté, soit en rapport de couleur avec le parasol quotidien.
Mais il me faut vous parler, à présent, de la célèbre Pagode d’Argent, dont le dallage est entièrement en plaques massives de ce métal. A l’intérieur de cette Vat-Prah-Kéo, c’est ainsi qu’on la nomme, se dresse, sur un immense piédestal, une statue en or, haute de 2 m 50, socle compris, et qui représente le feu roi Norodom, prédécesseur de
Sisowath, sous un parasol à neuf degrés. Les yeux y sont constitués par deux gros diamants incrustés de pierres précieuses. Tout autour de la statue royale ont été groupés divers bouddhas taillés dans des matières rares. Par un.e faveur spéciale j’ai été admis à photographier l’intérieur de cette Pagode d’Argent, où le Roi, très traditionaliste,
aime à s’entretenir des dogmes et des controverses bouddhiques avec les bonzes des pagodes et les moines des monastères. Sisowath avait relégué, il y a quelques années, ses appartements derrière ces édifices. Exemple que n’avaient pas tardé à suivre aussi les princes et princesses, les chambellans, les ballerines ainsi que le nombreux
personnel de la Cour. Il n’est pas jusqu’à l’éléphant blanc sacré, qui, lui aussi, n’avait été éloigné des abords du palais, sans doute pour y être soustrait aux regards de la foule. 
Je veux, maintenant, vous faire assister à une pittoresque fête religieuse — celle du Krut Sangkran [1] — qui a lieu, chaque année, au palais du Roi, et par laquelle le peuple cambodgien célèbre, d’abord, le retour au ciel des bons anges de l’année qui finit, en même temps que l’expulsion de leurs indésirables adversaires, les mauvais anges de la même année expirée. Quatre jours complets de prières, de chants, d’adjurations, de banquets, de distribution de porte-bonheur et d’amulettes en coton, en fil et en feuilles de palmier. Enfin, grande festivité, cérémonies liturgiques célébrées par les prêtres bouddhistes, et qui se terminent par des coups de pistolet et de fusil, ainsi que
par des salves de canon durant toute la quatrième et dernière nuit. Ce festival coïncide avec l’extinction rituelle du cierge symbolique Tien-Chey par Sa Majesté le Roi, et par Sa Sainteté, le Grand Bonze.
Onze heures du soir viennent de sonner, à l’extérieur du palais, sur la grand’place. Au delà de la clôture, des milliers de Cambodgiens et de Cambodgiennes, agenouillés, observent le plus profond silence, méditent et prient. A l’intérieur des bâtiments royaux, au contraire, tout est vacarme et brouhaha. A grand’peine, j’ai pu me frayer un
passage à travers les robes, les tuniques, et les dalmatiques en brocart, ou en satin orange, rouge, vert, le tout brodé d’or, tenue de gala des ministres, des chambellans et des courtisans prosternés devant le trône
vacant. Je dis vacant, car le regretté roi Sisowath, monarque simple, jovial et bon enfant, préférait s’accroupir démocratiquement à même les nattes, près de son fils le Prince héritier Monivong, et près d’un interprète indigène pour la langue française que le Roi né parlait pas. 
A droite et à gauche du souverain, deux équipes de bonzes, drapés de toges safran, se relaient sans cesse pour litaniser, d’une voix fausse, d’ailleurs, antiennes, invocations et exorcismes. Et voici, mot pour mot, le dialogue savoureusement extrême-oriental qui s’établit alors entre Sa Majesté Sisowath et moi :
Sisowath. — Bonsoir, écrivain-voyageur! Merci d’être venu. Tu le vois, notre fête touché à sa fin. II en est temps, car nous commençons, tous, à être un peu fatigués. Assieds-toi honorablement à ma droite et daigne accepter cette cigarette. Dis-moi, es-tu content de ta journée? … Mon fils, le Prince Monivong, chez qui tu pris, hier, le repas méridien, me dit que tu viens de Kampot, ma bonne ville, située sur le golfe de Siam. Parle franchement : as-tu remarqué quelque chose d’incorrect ou de critiquable, pendant ton excursion?
Moi. — Mais rien, Sire, Tout s’est passé admirablement. Beau temps, route excellente, torpédo rapide et accueil chaleureux.
Sisowath. — Ta parole est aimable, mais ton coeur n’est pas sincère. Parle sans crainte de me blesser. J’ai vu la France, pays de la lumière pâle d’Occident, où tout le monde dit et écrit librement ce qu’il pense … Nous sommes bien en retard, n’est-ce pas, au Cambodge? Voyons, réfléchis: nous n’avons même pas de chemin de fer!
Moi. — Votre Majesté a mieux. D’abord, ses routes magnifiques, construites par les Travaux Publics français d’Indochine. Et puis, Sire, vous avez le Mékong, l’immense Mékong, un des plus grands fleuves navigables de l’Asie, grâce auquel le Cambodge transporte et exporte ses bois, son coton, son riz, son poivre, sa soie, ses bestiaux,
les poissons de ses pêcheries fluviales et maritimes.
Sisowath. — Loué sois·tu pour ces bonnes paroles! Alors, vraiment, tu as été satisfait de ta promenade? Pas d’explosion de caoutchouc en voiture de feu? (…L’ explosion de caoutchouc”, c’est le pneu qui éclate et la voiture
de feu”, c’est l’auto…)
Je réponds à Sisowath : — Non, Sire. Aucune panne, aucun incident. Ah! si. Nous avons failli culbuter, à un virage, un superbe ours à collier.
Sisowath. — Un ours à collier sous la voiture-de-feu? … En vérité, tu me plais, mon honoré visiteur … Holà, Thioûnn, ministre très dévoué et très intelligent, vite du vin de France qui descend”. (…Le vin de France qui descend”,en cambodgien, c’est le champagne dont la mousse,. en pétillant, diminue le volume.)
On apporte des flûtes. Le champagne coule. Toasts, congratulations, sourires, cependant que les deux équipes de bonzes poursuivent, crescendo, leurs cacophoniques lamentations.
Sisowath (penché à mon oreille). — Ils crient un peu fort, n’est-ce-pas? … Et ils né chantent pas toujours juste. Enfin! … Que veux tu! Ce soir, c’est le quatrième jour! Alors, ils commencent à être enroués … Parle-moi de la France. J’aime tant ton pays. On m’y a si bien reçu, il y a quelques années avant la guerre … Ah! oui, l’Élysée, la Marseillaise”, l’Hôtel de Ville .… Et puis la Tour Eiffel, les Grands Magasins, le Moulin Rouge”. Quel rêve!… Est-ce qu’on se souvient
encore de moi à Paris?
Moi. ‑Votre Majesté peut être assurée que sa visite reste à jamais gravée dans la mémoire de nos Parisiens. 
Sisowath. — Oui, je sais : mes danseuses leur ont beaucoup plu…Et Nancy? Parle-moi de Nancy. C’est là que j’ai été bÏen reçu, aussi. Des drapeaux, de la musique, du vin qui descend”. Dis-moi : Est-ce qu’il y a toujours les belles grilles dorées, sur la grand’place? 
Moi. — Toujours, Sire.
Sisowath. — Elles étaient magnifiques! Je voulais en acheter tout de suite une douzaine pour entourer mon palais, à Pnom-Penh. Mais on m’a dit que le forgeron était mort, il y a cent quarante ans, et que cela coûterait des milliers de piastres aujourd’hui. Le gouvernement de la République m’a bien offert des voitures de feu pour mè consoler.
Mais c’est égal: je regrette les belles grilles dorées de Nancy.
… A ce moment, un haut personnage de la Cour, obséquieux et chamarré, s’approche du roi et murmure quelques mots à son oreille. C’est Son Excellence Chounn, ministre de la Liste Civile et grand intendant du palais. La Congrégation des rites bouddhiques exige, paraît-il, que· notre entretien profane soit interrompu, parce que les
bonzes sont à bout de soufflé, que leurs prières touchent à leur fin et que minuit approche. Minuit de l’Ère du Chien et du Porc” (calendrier cambodgien). Je vois Sisowath regagner à genoux ses nattes et ses coussins du centre. Les bonzes ont fait trêve à leurs imprécations. Un grand silence s’établit, pendant lequel des serviteurs ouvrent à deux battants les baies vitrées donnant sur l’esplanade où la foule muette et religieuse attend.
Le ministre Chounn tire sa montre :
- Minuit moins une … Minuit juste …
Le ministre Chounn lève le bras…Alors Sisowath s’arme d’un pistolet, le brandit vers la voûte et appuie sur la gâchette en fermant les deux yeux. Détonation suivie aussitôt d’une autre — celle du fusil du Prince héritier — et d’une
salve de canon, tirée à l’extérieur…Puis, c’est une pétarade, une pistoletade, une fusillade, une canonnade, accompagnées de cris joyeux. Le peuple acclame l’année qui vient!. ..
Et, comme je demande à Son Excellence Thioûnn, ministre très dévoué et très intelligent, la raison de cet infernal charivari, il me répond gravement en français :
- Mais c’est indispensable, Monsieur, pour chasser les mauvais anges. Le tapage leur fait peur. Alors ils se sauvent. Et les bons anges de la nouvelle année peuvent descendre sans risquer de se rencontrer et de se disputer avec eux .
… Mon Dieu! je vais vous paraître, en terminant, bien sceptique et bien irrévérencieux? … Mais, comme le tapage dura, suivant le rite, jusqu’à l’aube, je me pris à regretter la venue des bons anges en pays cambodgien. Les mauvais anges”, au moins, me laissaient dormir!. ..”

[A good-natured protocol reigns in this Court. What a contrast with the so fussy and formalist one at the Court of Siam! I still remember, in this regard, the rigorous etiquette which governed the mortuary preparations and the Buddhist rites of the royal cremation which I was given to attend in Bangkok, as meticulous as a funeral ceremony at Court. from Spain or England!…
In the course of daily life, in Pnom Penh, capital of the Kingdom of Cambodia, the late King Sisowath, protected sovereign and friend of France, led an existence of patriarchal and charming simplicity in his palace. And yet his civil list far exceeded that of the President of the Republic, here. Yet, is not the most expensive luxury in the Cambodian royal budget the maintenance of these delicious sacred ballerinas, which achieved so much success in 1922, at our colonial exhibition in Marseille? 

His Majesty Sisowath, who was then approaching his centenary, lived to the south of Phnom Penh in a vast residence, enclosed by a rectangular wall, of recent Khmer architecture, with freshly varnished roofs, topped with curved Siamese claws. You will tell me that this set of buildings seems a bit flashy. Possible. But it is, all the same, well within the Indochinese note. The principal of these buildings, of crucial form, is the Throne Room, inside which there is a profusion of mosaics and frescoes. It is there that the monarch is crowned, after having taken his place on his throne in carved, openwork, filigree teak wood. To the right and left of the throne, two chapels. In the first are the ashes of previous sovereigns, preserved in chiseled gold and silver urns. In the second were gathered the gifts offered to the reigning sovereign by the princes of the blood and distinguished foreigners: Buddhas in precious metal, inlaid with gems, statues in carved wood, bronze, marble, stone, weapons and trinkets of all kinds.
And I’m not talking about the Pavilion of Pages, nor the Pavilion of the Sacred Sword, nor the Private Museum, nor the Royal Treasury, where, however, curious palanquins and parasols of various shades are piled up. Seven different parasols correspond, in fact, to the seven days of the week to which they are assigned. This is how the king of Cambodia can only circulate under the shelter of one of these parasols, light yellow on Monday, purple on Tuesday, dark yellow on Wednesday, green on Thursday, blue on Friday, black on Saturday, finally red on Sunday. Elegance also dictates that Her Majesty’s sampot, a sort of Cambodian bloomers, be in color with the daily parasol.
But I must tell you now about the famous Silver Pagoda, whose paving is entirely made of massive plates of this metal. Inside this Vat-Prah-Kéo, as it is called, stands, on an immense pedestal, a gold statue, 2.5 m high, including the base, and which represents the late king Norodom, predecessor of Sisowath, under a nine-degree parasol. The eyes are made up of two large diamonds encrusted with precious stones. All around the royal statue were grouped various Buddhas carved from rare materials. By a special favor I was allowed to photograph the interior of this Silver Pagoda, where the King, very traditionalist, likes to discuss Buddhist dogmas and controversies with the monks of the pagodas and the monks of the monasteries. Sisowath had relegated his apartments behind these buildings a few years ago. An example that princes and princesses, chamberlains, ballerinas and the numerous Court staff. Not even the sacred white elephant, which had also been removed from the outskirts of the palace, undoubtedly to be hidden from the gaze of the crowd.

I now want you to attend a picturesque religious festival — that of Krut Sangkran [1] — which takes place every year at the King’s palace, and through which the Cambodian people celebrate, first of all, the return to heaven of the good angels of the year which is ending, at the same time as the expulsion of their undesirable adversaries, the bad angels of the same expired year. Four full days of prayers, songs, adjurations, banquets, distribution of lucky charms and amulets made of cotton, thread and palm leaves. Finally, great festivity, liturgical ceremonies celebrated by Buddhist priests, which end with pistol and rifle shots, as well as by cannon salvos throughout the fourth and final night. This festival coincides with the ritual extinguishing of the symbolic Tien-Chey candle by His Majesty the King, and by His Holiness, the Supreme Monk.
Eleven o’clock in the evening has just struck, outside the palace, on the main square. Beyond the fence, thousands of Cambodians, kneeling, observe the deepest silence, meditate and pray. Inside the royal buildings, on the contrary, everything is uproar and hubbub. With great difficulty, I was able to make my way through dresses, tunics, and dalmatics in brocade, or orange, red, green satin, all embroidered with gold, gala outfit of ministers, chamberlains and courtiers prostrated before the throne vacant. I say vacant, because the late King Sisowath, a simple, jovial and good-natured monarch, preferred to crouch democratically on the mats, near his son Crown Prince Monivong, and near a native interpreter for the French language that the King did not speak.
To the right and left of the sovereign, two teams of monks, draped in saffron togas, constantly take turns to litanize, in a false voice, moreover, antiphons, invocations and exorcisms. And here, word for word, is the deliciously Far-Eastern dialogue that then takes place between His Majesty Sisowath and myself:
Sisowath. — Good evening, travel writer! Thanks for coming. You see, our party is coming to an end. It’s time, because we’re all starting to get a little tired. Sit honorably to my right and deign to accept this cigarette. Tell me, are you happy with your day? … My son, Prince Monivong, with whom you took the meridian meal yesterday, tells me that you come from Kampot, my good city, located on the Gulf of Siam. Speak frankly: did you notice anything incorrect or objectionable during your excursion?
Me. — But nothing, Sire, everything went admirably. Good weather, excellent road, fast torpedo and warm welcome.
Sisowath. — Your word is kind, but your heart is not sincere. Speak without fear of hurting me. I saw France, a country of the pale light of the West, where everyone says and writes freely what they think… We are way behind, aren’t we, in Cambodia? Come on, think: we don’t even have a railway!
Me. — Your Majesty has something better. First, its magnificent roads, built by the French Public Works of Indochina. And then, Sire, you have the Mekong, the immense Mekong, one of the largest navigable rivers in Asia, thanks to which Cambodia transports and exports its wood, its cotton, its rice, its pepper, its silk, its livestock, fish from its river and sea fisheries.

Sisowath. — Praise be to you for these good words! So, were you really satisfied with your walk? No rubber explosion in fire car? (…The rubber explosion” is the tire that bursts, and the car of fire”, it’s the automobile…)
I answer Sisowath: — No, Sire. No breakdowns, no incidents. Ah! Indeed, we almost ran into a superb collared bear at a turn.
Sisowath. — A collared bear under the fire car? … In truth, I like you, my honored visitor… Here, Thioûnn, very devoted and very intelligent minister, quickly pour the descending wine of France”. (…The descending wine of France”, in Cambodian, is champagne whose foam, when sparkling, reduces the volume.)
Flutes are brought in. Champagne is flowing. Toasts, congratulations, smiles, while the two teams of monks continue, crescendo, their cacophonous lamentations.
Sisowath (leaning to my ear). — They’re shouting a little loudly, aren’t they? …And they don’t always sing in tune. But even so, what do you want! Tonight is the fourth day! So they start to get hoarse… Tell me about France. I love your country so much. I was received so well there, a few years ago before the war… Ah! yes, the Élysée, the Marseillaise”, the Hôtel de Ville.… And then the Eiffel Tower, the Department Stores, the Moulin Rouge”. What a dream!… Do they remember more of me, in Paris?
Me. ‑Your Majesty can be assured that his visit will remain forever engraved in the memory of our Parisians.
Sisowath. — Yes, I know: they really liked my dancers…And Nancy? Tell me about Nancy. That’s where I was well received, too. Flags, music, descending wine”. Tell me: Are there still the beautiful golden gates on the main square?
Me. — Always, Sire.
Sisowath. — They were magnificent! I wanted to buy a dozen right away to surround my palace in Phnom Penh. But I was told that the blacksmith died a hundred and forty years ago [2], and that it would cost thousands of piastres today. The government of the Republic offered me fire cars to console me. But it doesn’t matter: I miss Nancy’s beautiful golden railing.
… At this moment, a high-ranking personage of the Court, obsequious and colorful, approaches the king and whispers a few words in his ear. This is His Excellency Chounn, Minister of the Civil List and Grand Steward of the Palace. The Congregation of Buddhist Rites apparently demands that our profane conversation be interrupted, because the monks are out of breath, their prayers are coming to an end and midnight is approaching. Midnight of the Age of the Dog and the Pig” (Cambodian calendar). I see Sisowath kneeling back to her mats and center cushions. The monks made a truce to their imprecations. A great silence ensues, during which servants open the bay windows overlooking the esplanade where the mute and religious crowd waits.
Minister Chounn takes out his watch:
- Midnight to one… Just midnight…
Minister Chounn raises his arm…So Sisowath arms himself with a pistol, brandishes it towards the vault and pulls the trigger, closing both eyes. Detonation immediately followed by another — that of the Crown Prince’s rifle — and a
cannon salvo, fired outside…Then, there is a backfire, a pistolade, a shooting, a cannonade, accompanied by joyful shouts. The people cheer for the coming year!…
And, as I asked His Excellency Thioûnn, the very devoted and very intelligent minister, the reason for this infernal hullabaloo, he gravely replied in French:
- But it is essential, Sir, to chase away bad angels. The noise scares them. So they run away. And the good angels of the new year can descend without risking meeting and arguing with them.
… My God! Am I going to seem to you, in closing, very skeptical and very irreverent? … But, as the noise lasted, following the ritual, until dawn, I found myself regretting the coming of the good angels to Cambodia. The bad angels”, at least, let me sleep!…”

[1] Moha Sangkranta (kh មហាសង្រ្កាន្ត), derived from Sanskrit saṅkrānti, is the name of the first day of the new year celebration, which lasts three days, not four as the author stated.

[2] These gates made of beaten iron and gilded with gold leaf were the artwork of Jean Lamour (26 March 1698, Nancy — 20 June 1771, Nancy) the locksmith of Duke of Lorraine Stanislas Leszczyński, former king of Poland and Louis XV’s father-in-law. Nancy is nicknamed City of Golden Gates” thanks to them. 

Below: detail of Place Stanislas gates in Nancy, from Recueil des ouvrages en serrurerie que Stanislas le Bien-Faisant, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, a fait poser sur la Place royale de Nancy, à la gloire de Louis le Bien-Aimé , composé et exécuté par Jean Lamour, son serrurier ordinaire, avec un discours sur l’art de serrurerie (Nancy, 1767, via gal​li​ca​.bnf​.fr).

La Prodigieuse Angkor [Prodigious Angkor] (Chap XVIII, pp 141-) 

La prodigieuse Angkor !… On l’appelle aussi la mystérieuse Angkor, en raison de sort histoire énigmatique, de son passé à la fois proche et lointain, de son existence estompée, problématique … Si vous questionnez là-dessus quelque Cambodgien errant dans ce désert de ruines et de splendeurs, il hochera la tête avec un sourire quasi-nirvânique au coin des lèvres: « Des génies ailés. ont construit tout cela en une nuit … » Et vous vous en irez, charmé de la réplique ignorante et délicieusement légendaire, sans être autrement éclairé sur ces étranges Khmers, ni sur la genèse de leurs colossales oeuvres d’architecture et de sculpture, ni enfin sur le titanesque remous qui les engloutit, à peine quelque cinq ou six siècles avant nos temps présents. Ce qu’on sait d’eux — ou ce qu’on croit savoir — c’est qu’îls édifièrent leurs premiers temples, le Prakhan et le Bayon par exemple, vers l’an 800 de notre ère, pour atteindre au summum de leur art, en 1200, avec cet autre Parthénon, plus riche et plus grandiose encore qu’est Angkor-Vat, le Grand Temple. Ainsi, tandis qu’en Europe nous élancions dans l’azur le filigrane de nos flèches gothiques, eux en étaient restés aux soubassements et terrassements hindous, aux merveilleux bas-reliefs à l’égyptienne et à l’assyrienne, à la reproduction, par intuition et par synthèse, de la colonne dorique et du chapiteau corinthien.
Mais ce qui est plus confondant encore, c’est qu’ils aient devancé à trois siècles de distance les entrelacs de nos rinceaux Renaissance. Oui, ces Khmers conçurent avant nous les plus délicats motifs de nos châteaux de la Loire!… Pareille floraison de pierre s’épanouit aujourd’hui à Angkor-Vat qu’à Blois, à cette différence, paradoxale peut-être,
que l’oubli, la racine-lave et la liane-pieuvre ont davantage préservé la première de la lente, et sûre, et inexorable dévastation du Temps.
Mais d’abord que furent-ils, d’où venaient-ils, ceux que le mystère de leur passé nous contraint d’appeler seulement les Maîtres d’ Angkor”?- C’était, croit-on, un peuple artiste et guerrier, de religion brahmanique et appartenant probablement à la castè des brahmanes. Et ce serait un de leurs chefs, nommé Kambou, qui aurait fondé, vers le
Ve siècle de notre ère, le royaume dit des Kamboudjas, d’où le nom moderne de Cambodge. Ce que nous savons d’eux exactement, c’est que leur domination sur le pays indochinois où ils s’établirent, dura huit siècles. Huit cents ans pendant lesquels ils élevèrent à la gloire de leurs dieux d’immenses temples entourés de fossés profonds et de
remparts percés de portes semi-ogivales, permettant le passage des chars et des éléphants armés en guerre. Ces murs et ces douves devaient avoir pour but, aussi bien la protection des princes, des prêtres, des divinités et de leurs trésors que l’augmentation du mystère qui enveloppait les cérémonies rituelles.
Et que l’on né croie pas qu’Angkor et ses dépendances composent un îlot, isolé dans le pays. D’autres ruines, presque aussi admirables — comme Pnom-Chisor et sa citadelle moyenâgeuse en nid d’aigle;
Prakhan et son mur de 8 kilomètres de tour; Vat-Nokor et sa pagode; Koh-Ker et tant d’autres sanctuaires perdus aujourd’hui dans la jungle — mériteraient au même titre la visite du touriste et l’inspection de l’archéologue. Mais l’accès en est difficile, impossible presque; et pour l’instant il faut y renoncer.
De point de repère historique nous faisant connaître l’étendue et les frontières de l’ancien royaume khmer, nous n’avons qu’une vieille inscription chinoise remontant à l’an 650 de notre ère. Il y est dit que le pays avait pour limites au nord, des montagnes et des vallées, au sud, un grand lac et des marécages souvent inondés. On y comptait
jusqu’à trente villes, dotées d’édifices grandioses: Chaque ville était peuplée de plusieurs milliers d’habitants”.
Une question se pose. Quel avait dû être le trajet suivi par ces Hindous jusqu’au bassin de Mékong? A en croire M. Foucher qui exposait ses vues à ce propos dans une conférence au Comité de l’Asie Française, on serait en droit d’attribuer cette hindouisation ethnique à des religieux de rite civaïte, venus du bassin du Gange, au moyen de vagues humaines successives, vagues qui se seraient fondues, amalgamées avec les populations conquises,
constituant à chaque flux une classe dirigeante nouvelle, mais de même origine, se greffant sur l’ancienne.
Le regretté général de Beylié, dans son ouvrage intitulé L’ Architecture hindoue en Extrême-Orient, s’élève contre une telle hypothèse. Pour lui — conformément à certaines indications des Annales chinoises, et aussi d’après l’étude orographique du Cambodge — la civilisation a été apportée aux peuplades de cette partie de l’Indochine, non par des missionnaires civaïtes, mais par des aventuriers, des exilés ou des commerçants venus par mer. Ces émigrants auraient été originaires, non seulement du Dekkan et de l’Inde méridionale mais encore de la côte d’Orissa et de la vallée du Gange, spécialement en ce qui concerne les côtes de la Birmanie. Leur point de départ aurait été Madras, avec escale aux différents ports de la côte Est de la presqu’île de Malacca et transbordements fréquents à l’isthme de Kra, pour aboutir aux deltas de la Mé Nam et du Mékong.
Quant à nous, sans oser conclure, constatons que, venus par terre ou par mer, les colons hindous n’en ont pas moins apporté avec eux un art définitif, d’une conception géniale, et qu’ils ont prodigué pour le plaisir des yeux, des assises au faîte de leurs monuments aussi décorés, aussi fouillés qu’une pièce d’orfèvrerie, à même leurs trois seuls matériaux d’usage : la limonite, le grès et le bois.
Mais où recrutaient-ils les milliers d’artisans nécessaires à la réalisation de leurs projets grandioses?… Il est probable que, pour l’extraction des matières premières, leur transport et leur préparation, ils eurent recours aux peuplades vaincues, réduites en esclavage et réquisitionnées pour dégrossir, en qualité de manoeuvres, les blocs que sculptaient et finissaie!lt ensuite des artistes hindous embauchés parmi les armées conquérantes. Et ici se
place une parenthèse dont la double portée, sociale et philosophique n’échappe à personne. Avant Jésus-Christ, tout est corvée, contrainte et esclavage. L’Histoire et l’Archéologie établissent — irréfragablement — que les Pyramides de Ghizeh, les Temples de Thèbes, le Colisée de Rome, les sanctuaires et les palais d’ Anuradhapura, de Boroboedoer
et d’Angkor ont été l’oeuvre de l’humanité asservie. Des siècles s’écoulent. Puis, vient le christianisme qui fait tomber les chaînes…Alors les cathédrales romanes, gothiques et Renaissance, purs joyaux sertis par des mains libres, volontaires et salariées, lancent dans l’azur leurs flèches d’or, comme une fusée d’affranchissement et d’espoir.
Mais revenons au royaume khmer. Les dynasties s’y succèdent pendant 800 ans au cours desquels s’élèvent les édifices que nous admirons aujourd’hui, jusqu’en 1250, époque de décadence et d’affaiblissement, et jusqu’en 1296, date à laquelle le voyageur chinois Tchéouta-Kouan déclare que, dans la récente guerre avec les Siamois, le
pays a été entièrement dévasté ». Dans cette hypothèse, les armées thaï victorieuses auraient porté le comble à l’humiliation du vaincu en détruisant la preuve de son génie et de son ancienne puissance. Mais il est possible aussi que les esclaves des immigrants hindous après les revers de leurs dominateurs. au XIIIe siècle, se soient tout simplement révoltés et aient tourné leur fureur contre les asiles des divinités qui leur étaient ·défavorables, contre les temples et les palais dont la construction leur avait coûté tant de peine et causé tant de morts, sous un climat aussi fiévreux et malsain que celui du Grand Lac Cambodgien.
De toutes façons — destruction étrangère ou mutinerie intérieure — il est probable que nous nous trouvons en présence d’un acte de vandalisme. Les archéologues affirment en. effet que le plus grand nombre des éboulis né sauraient avoir eu pour causes la poussée végétale ou les secousses sismiques, inconnues dans la région. Seul, l’effort
combiné de plusieurs centaines d’hommes, réunis dans une rage aveugle de détruire, a pu occasionner ?es écroulements comme ceux des tours et des galeries de Prakhan, par exemple. On y distingue sur le sol des pierres intactes, correspondant à d’autres pierres en parfait état, restées sur place; et l’on y remarque aussi les parties massives d’une construction qui né forme plus qu’un amas de blocs, alors que, tout à côté, se dresse encore un mur léger qu’un effort moindre aurait abattu.
Déductions scientifiques qui né procèdent malheureusement que de conjectures! A l’opposé des Égyptiens et des Grecs, les Khmers, s’ils bâtissaient beaucoup, n’écrivaient guère. Peut· être leur prêtons nous ici des intentions qui né furent point leurs? Mais mes yeux de passant, à moi qui ai contemplé tant de ruines augustes — la Grèce, l’Égypte, Timgad, Carthage, Golconde, Amber, Anuradhapura, les tombeaux des Mings et ceux de Hué, les temples hindous de Java : Boroboedoer et Prambanan — mes yeux de passant, de pèlerin comme disait immortellement mon maître et mon ami Pierre Loti, mes yeux se sont refusés à déchiffrer l’Énigme: ils n’ont vu, voulu voir que le Prodige.
Et c’est ce prodige, ce miracle, qu’il vous faut aller rejoindre bien vite, car il est impossible qu’avant cinq ans, ou six, les plus belles ruines du Monde né soient définitivement classées, visitées, sillonnées par tout l’anglo-saxonisme des deux continents. Trop de baedekers dévideront alors leurs antiennes sous les voûtes d’Angkor-Vat ou les
dômes d’Angkor-Thom. Qui sait même si le confortable bungalow actuel, si dans la note, né sera pas concurrencé par quelque Angkor Palace’, aux grooms chamarrés et obséquieux? Il né faut pas que ce qui gronde, bouillonne, expose en vous d’enthousiasme, d’étonnement, d’émotion, soit diminué, amoindri, annihilé par l’ambiance. Le poète, le penseur, l’artiste qui rêve chez chacun de vous souffrirait trop au .contact des banalités ou des contingences d’alentour. Isolez vous au contraire; communiez avec la beauté irradiante des choses; jouissez en solitaire, en égoïste — oh! oui — de l’indicible majesté de ces lieux de prière, où la Foi, qui transporte les montagnes, entassa
ici le plus déconcertant et formidable amas de pierres taillées, sculptées, ciselées allais-je dire.
Ah, qu’elle est triomphale, l’arrivée à dos d’éléphant à Angkor Thom, devant la gloire ninivite de ce Bayon, véritable Tour de Babel à face humaine, que le pic de feu M. Commaille, l’érudit et respectueux conservateur, décoiffa, le premier, de sa trop épaisse chevelure de figuiers et de banians! Et comme l’esprit se perd en présence de tant de grandeur dans le plan et de tant de finesse dans l’exécution de ces bas-reliefs, dus au ciseau d’ouvriers obscurs, dont le nom et la race sont restés inconnus. Ces bas-reliefs — où se déroulent, sur des centaines et des centaines de mètres, des combats de peuples à pied, à cheval, à éléphant, en jonque — m’ont rappelé les célèbres motifs de Boroboedoer dont je parlais tout à l’heure et auxquels on les a souvent comparés. Mais, s’il est vrai que le statuaire javanais ait apporté plus de délicatesse et de perfection à la représentation de sa vie de Bouddha, j’ose affirmer ici, sans crainte d’aucun démenti scientifique, que le statuaire khmer fut, lui, beaucoup plus vigoureux, imaginatif et varié que son heureux rival de Malaisie. C’est toute une page d’histoire par l’image, ou plutôt par le relief, que le Khmer
nous fait revivre là. Et que d’enseignements pour l’archéologue patient qui voudra bien s’atteler opiniâtrément à cette belle et noble tâche!…
A côté d’épisodes épiques des Védas et du Ramâyana, à côté du barattement de l’Océan de Lait et de la lutte des humains contre les singes, on y découvrira de savoureuses et pittoresques interprétations du paradis et de l’enfer hindous. Les cieux y sont figurés par une succession de trente-sept tours aériennes à trois compartiments. Le bienheureux, obèse et réjoui, occupe la place centrale : il a les traits d’un prince et est assis sur un trône, entouré de belles dames d’atour qui l’éventent, ou lui présentent des fruits et des fleurs, ou encore lui tendent un miroir ovale. Tels sont — selon Brahma du moins — les apanages de la félicité parfaite. On les jugera plus monotones qu’alliciants. Et, à coup sûr, la conception de l’enfer khmer paraîtra plus raffinée, dans sa puérilité même. Passons donc en revue quelques supplices de réprouvés à face humaine que le bas-relief représente, tous, plus squelettiques les uns que les autres.
En voici le texte savoureux :
Inscription 6
“… les damnés qui, étant dans l’abondance, ont pratiqué néanmoins les oeuvres du péché…“
Supplice: Condamnés à être jetés sur des arbres épineux, écorchés et raclés avec une râpe.“
Inscription 8
Ceux qui trompent ou volent leur prochain …“
Supplice: Tenaillés vifs par des démons qui leur arrachent la langue et leur enfoncent des pieux dans la bouche.“
Inscription 17:
Ceux qui volent les liqueurs fortes, ou qui s’approchent des épouses des savants…“
Supplice: Déchiquetés par des vautours et jetés dans un lac de pus liquide et gluant.“
Inscription 23
Ceux qui prennent la femme d’un ami…“
Supplice: Torturés par couples, amarrés, lardés, jetés et cuits dans la poêle à frire.” (Châtiment de l’adultère qui ressemble étrangement à la recette d’un bon plat régional de France !)
Inscription 27:
Ceux qui volent des parasols…“
Supplice: Jetés dans des brasiers ardents.”

Inscription 30
Ceux et celles qui prennent des fleurs dans un jardin.“
Supplice: Condamnés à avoir le visage déchiré par des oiseaux de proie pour se voir ensuite attachés à des arbres épineux et percés de flèches.” (On né saurait se faire plus sévèrement le chevalier-gardien de la rose sur sa tige … Percé de flèches pour avoir cueilli des fleurs? Quelle déloyale concurrence au cruel Cupidon!)
Mais quittons, voulez-vous, ce Bayon où trop de contradictions nous déroutent … Et, franchissant l’enceinte d’Angkor-Thom, enfonçons-nous, quelques instants, dans la jungle où nous attendent les plus extraordinaires surprises de la Nature en lutte avec le travail et l’art humains. C’est Ta-Prom, ce sont Ta-Ménam et Ta-Kéo, c’est Prakhan, tous les vieux sanctuaires moussus et délaissés sur les décombres desquels le pied se pose en tremblant — angoisse de sacrilège … ou de chute, on né sait? — piliers écroulés qu’il faut escalader comme une chèvre, galeries effondrées où il sied de se glisser comme un rat. Et que de surprenantes découvertes, dans cette exploration aérienne et souterraine, à travers le clair-obscur d’une Ville-au-Bois-Dormant qu’on jugerait dessinée par un Gustave Doré!
Mais voici que l’heure pourpre ou saumonée du couchant nous ramène vers cette merveille inégalée, vers cet unique et prodigieux Angkor-Vat…Il se dresse, le Temple, dans la mélancolie lourde d’un ciel agonisant. Des ors roses, puis rouges viennent le frapper en plein faîte, sur ses cinq tours massives où virent, volent et criaillent déjà les chauves-souris, ses seules actuelles habitantes. C’est l’heure sacrée, l’heure émouvante à laquelle il va falloir gravir toutes les terrasses de féerie, puis l’escalier monumental, presque à pic, qui aboutit au Saint des Saints, au Tabernacle. Là sourient éternellement, de leur même et ironique bienveillant sourire, les Bouddhas de toutes tailles qu’accumula la piété des fidèles; là dansent, souples et lascives, les divines Apsâras aux seins droits, aux mains gracieusement tournées paumes en l’air, vierges nues que nul vice né hante; là grimacent aussi, dans les plans inférieurs, les Asouras malfaisants et ténébreux. Un vieux bonze à la robe bouton d’or passé et repasse au dernier gradin de l’édifice, l’oeil inquiet et scrutateur. Il vient vers vous, s’excuse, mâchonne un sourire entre ses dents noires, puis allume, une à une, les lampes du sanctuaire. Il né faut pas que la Foi des géants disparus qui construisirent cette acropole de mirage, s’éteigne et meure…

Et, la tête un peu basse, vous redescendez les degrés du temple. L’humble et touchant appel de l’homme jaune vous a remué, ultime écho d’une épopée magnifique, figée au coin de ces pierres vétustes et sous ces voûtes sombres. Angkor-Vat s’est endormi sous la caresse du crépuscule comme, en la légende sanscrite, s’endormit la nymphe Viraja sous le baiser de Krichna le Séducteur.

[The prodigious Angkor!… It is also called the mysterious Angkor, because of its enigmatic history, its past both near and distant, its blurred, problematic existence… If you ask any Cambodian about it wandering in this desert of ruins and splendors, he will nod his head with an almost nirvanaic smile at the corner of his lips: Winged genies. built all this in one night…” And you will leave, charmed by the ignorant and deliciously legendary reply, without being otherwise enlightened on these strange Khmers, nor on the genesis of their colossal works of architecture and sculpture, nor finally on the titanic whirlpool which engulfed them, barely five or six centuries before our present times. What we know about them — or what we think we know — is that they built their first temples, the Prakhan and the Bayon for example, around the year 800 AD, to reach the pinnacle of their art, in 1200, with this other Parthenon, even richer and more grandiose that is Angkor-Wat, the Great Temple. Thus, while in Europe we soared into the azure the filigree of our Gothic spiers, they remained stuck to the Hindu foundations and earthworks, to the marvelous Egyptian and Assyrian bas-reliefs, to the reproduction, by intuition and by synthesis, of the Doric column and the Corinthian capital.
But what is even more confusing is that they anticipated the interlacing of our Renaissance scrollwork by three centuries. Yes, these Khmers designed before us the most delicate motifs of our Loire castles!… A similar flowering of stone flourishes today at Angkor Wat as at Blois, with this difference, paradoxical perhaps, that oblivion, the lava root and the octopus vine have further preserved the first from the slow, sure, and inexorable devastation of Time.
But first of all, what were they, where did they come from, those whom the mystery of their past compels us to call only the Masters of Angkor”? — They were, it is believed, an artistic and warrior, of Brahmanical religion and probably belonging to the caste of Brahmins. And it would be one of their leaders, named Kambou, who founded, towards the
5th century AD, the kingdom known as the Kamboudjas, hence the modern name of Cambodia. What we know about them exactly is that their domination over the Indochinese country where they settled lasted eight centuries. Eight hundred years during which they raised to the glory of their gods immense temples surrounded by deep ditches and ramparts pierced with semi-ogival doors, allowing the passage of chariots and elephants armed in war. The purpose of these walls and moats must have been both the protection of princes, priests, divinities and their treasures and the increase in the mystery which shrouded the ritual ceremonies.
And do not believe that Angkor and its dependencies make up an isolated island in the country. Other ruins, almost as admirable — like Pnom-Chisor and its medieval eagle’s nest citadel; Prakhan and its wall measuring 8 kilometers around; Vat-Nokor and its pagoda; Koh-Ker and so many other sanctuaries lost today in the jungle — deserve the visit of the tourist and the inspection of the archaeologist in the same way. But access is difficult, almost impossible; and for the moment we must give it up.

As a historical landmark showing us the extent and boundaries of the ancient Khmer kingdom, we only have an old Chinese inscription dating back to 650 AD. It is said that the country’s boundaries were to the north, mountains and valleys, to the south, a large lake and often flooded swamps. There were up to thirty cities, equipped with grandiose buildings: Each city was populated by several thousand inhabitants”.
A question arises. What must have been the route taken by these Hindus to the Mekong basin? According to Mr. Foucher who expressed his views on this subject in a conference at the Committee of French Asia, we would be entitled to attribute this ethnic Hinduization to religious people of the Civaite rite, who came from the Ganges basin, by means of successive human waves, waves which would have melted, amalgamated with the conquered populations, constituting with each flow a new ruling class, but of the same origin, grafting itself onto the old one.
The late General de Beylié, in his work entitled Hindu Architecture in the Far East, speaks out against such a hypothesis. For him — in accordance with certain indications from the Chinese Annals, and also according to the orographic study of Cambodia — civilization was brought to the peoples of this part of Indochina, not by Civaite missionaries, but by adventurers, exiles or traders who came by sea. These emigrants would have come not only from Dekkan and southern India but also from the coast of Orissa and the Ganges valley, especially with regard to the coasts of Burma. Their starting point would have been Madras, with a stopover at the various ports on the east coast of the Malacca peninsula and frequent transshipments at the Kra Isthmus, to arrive at the Mé Nam and Mekong deltas.
As for us, without daring to conclude, we note that, having come by land or by sea, the Hindu settlers nevertheless brought with them a definitive art, of a brilliant conception, and which they lavished for the pleasure eyes, seats at the top of their monuments as decorated, as elaborate as a piece of goldwork, using their only three materials of use: limonite, sandstone and wood.
But where did they recruit the thousands of artisans necessary for the realization of their grandiose projects?… It is probable that, for the extraction of raw materials, their transport and their preparation, they had recourse to the vanquished peoples, reduced to slavery and requisitioned to rough out, as laborers, the blocks that were then sculpted and finished by Hindu artists hired from among the conquering armies. And here
places a parenthesis whose double significance, social and philosophical, escapes no one. Before Jesus Christ, everything is drudgery, constraint and slavery. History and Archeology establish — irrefragably — that the Pyramids of Ghizeh, the Temples of Thebes, the Colosseum of Rome, the sanctuaries and palaces of Anuradhapura, Boroboedoer
and Angkor were the work of enslaved humanity. Centuries pass. Then comes Christianity which brings down the chains…Then the Romanesque, Gothic and Renaissance cathedrals, pure jewels set by free, voluntary and paid hands, launch their golden arrows into the azure, like a rocket. freedom and hope.
But let’s return to the Khmer kingdom. The dynasties succeeded one another for 800 years during which the buildings that we admire today were erected, until 1250, a time of decadence and weakening, and until 1296, the date on which the Chinese traveler Tchéouta ‑Kouan states that, in the recent war with the Siamese, the
country was completely devastated”. In this hypothesis, the victorious Thai armies would have brought the height of humiliation to the vanquished by destroying the proof of his genius and his former power. But it is also possible that the slaves of Hindu immigrants after the setbacks of their rulers. In the 13th century, simply revolted and turned their fury against the asylums of the divinities which were unfavorable to them, against the temples and palaces whose construction had cost them so much trouble and caused so many deaths, in such a climate. feverish and unhealthy as that of the Great Cambodian Lake.

Either way — foreign destruction or internal mutiny — it is likely that we are in the presence of an act of vandalism. Archaeologists say in. effect that the majority of the landslides could not have been caused by plant growth or seismic tremors, unknown in the region. Alone, the combined travail of several hundred men, united in a blind rage to destroy, could have caused collapses like those of the towers and galleries of Prakhan, for example. We can see intact stones on the ground, corresponding to other stones in perfect condition, which remained on site; and we also notice the massive parts of a construction which now forms nothing more than a pile of blocks, while, right next to it, there still stands a light wall which a lesser effort would have brought down.
Scientific deductions which unfortunately only proceed from conjectures! Unlike the Egyptians and Greeks, the Khmers, although they built a lot, hardly wrote. Perhaps we are attributing to them intentions here that were not theirs? But my eyes as a passerby, to me who have contemplated so many august ruins — Greece, Egypt, Timgad, Carthage, Golconda, Amber, Anuradhapura, the tombs of the Mings and those of Hue, the Hindu temples of Java: Boroboedoer and Prambanan — my eyes as a passerby, as a pilgrim as my master and my friend Pierre Loti immortally said, my eyes refused to decipher the Enigma: they only saw, wanted to see, the Prodigy.
And it is this prodigy, this miracle, that you must go and join very quickly, because it is impossible that before five years, or six, the most beautiful ruins in the World will not be definitively classified, visited, explored by everyone. Anglo-Saxonism of the two continents. Too many baedekers will then unwind their antiphons under the vaults of Angkor Wat or the domes of Angkor-Thom. Who even knows if the current comfortable bungalow, if in the bill, will not compete with some Angkor Palace’, with colorful and obsequious bellboys? You must not allow what rumbles, bubbles, displays enthusiasm, astonishment, emotion within you to be diminished, diminished, annihilated by the atmosphere. The poet, the thinker, the artist who dreams in each of you would suffer too much in contact with the banalities or contingencies of the surroundings. On the contrary, isolate yourself; commune with the radiant beauty of things; enjoy alone, selfishly — oh! yes — of the indescribable majesty of these places of prayer, where Faith, which transports the mountains, heaped here the most disconcerting and formidable pile of cut, sculpted, chiseled stones I was going to say.
Ah, how triumphant it is, the arrival on the back of an elephant at Angkor Thom, before the Ninevite glory of this Bayon, a veritable Tower of Babel with a human face, that the peak of the late Mr. Commaille, the erudite and respectful conservative, was the first to mess up his too-thick hair of fig trees and banyan trees! And how the mind is lost in the presence of so much grandeur in the plan and so much finesse in the execution of these bas-reliefs, due to the chisel of obscure workers, whose name and race have remained unknown. These bas-reliefs — where fights between peoples on foot, on horseback, on elephants, on junks take place over hundreds and hundreds of meters — reminded me of the famous Boroboedoer motifs that I spoke about earlier. time and to which they have often been compared. But, if it is true that the Javanese statuary brought more delicacy and perfection to the representation of his life as Buddha, I dare to assert here, without fear of any scientific denial, that the Khmer statuary was himself, much more vigorous, imaginative and varied than its happy rival from Malaysia. It is a whole page of history through the image, or rather through the relief, that the Khmer
brings us back to life there. And what lessons for the patient archaeologist who would like to stubbornly tackle this beautiful and noble task!…
Alongside epic episodes from the Vedas and the Ramayana, alongside the churning of the Ocean of Milk and the struggle of humans against monkeys, we will discover delicious and picturesque interpretations of Hindu paradise and hell. The heavens are represented by a succession of thirty-seven aerial towers with three compartments. The blessed one, obese and happy, occupies the central place: he has the features of a prince and is seated on a throne, surrounded by beautiful ladies who fan him, or present him with fruits and flowers, or even hand him an oval mirror. These are — according to Brahma at least — the prerogatives of perfect bliss. We will judge them to be more monotonous than friendly. And, without doubt, the conception of Khmer hell will appear more refined, in its very puerility. Let us therefore review some of the tortures of the reprobate with a human face that the bas-relief represents, all of them more skeletal than the others.
Here is the fascinating text:
Inscription 6:
”…the damned who, being in abundance, nevertheless practiced the works of sin…“
Torment: Condemned to be thrown on thorny trees, skinned and scraped with a grater.”
Inscription 8:
Those who deceive or steal from their neighbor…“
Torment: Torn alive by demons who tear out their tongues and drive stakes into their mouths.”
Inscription 17:
Those who steal strong liquors, or who approach the wives of scholars…“
Torment: Torn apart by vultures and thrown into a lake of liquid, sticky pus.”
Inscription 23:
Those who take a friend’s wife…“
Torment: Tortured in pairs, docked, larded, thrown and cooked in the frying pan.” (A punishment of adultery which strangely resembles the recipe for some good regional dish from France!)
Inscription 27:
Those who steal umbrellas…“
Torment: Thrown into blazing braziers.”

Inscription 30:
Those who take flowers from a garden.”
Torment: Condemned to have their faces torn apart by birds of prey and then see themselves tied to thorny trees and pierced with arrows.” (One could not be more severe as the knight-guardian of the rose on its stem… Pierced with arrows for having picked flowers? What unfair competition to the cruel Cupid!)


But let us leave, will we, this Bayon where too many contradictions confuse us… And, crossing the walls of Angkor-Thom, let us plunge, for a few moments, into the jungle where the most extraordinary surprises of Nature await us in struggle with human labor and art. It’s Ta-Prom, it’s Ta-Ménam and Ta-Kéo, it’s Prakhan, all the old mossy and neglected sanctuaries on whose rubble the foot rests trembling — anguish of sacrilege… or of falling, we do not know? — collapsed pillars that must be climbed like a goat, collapsed galleries where it is convenient to slip like a rat. And what surprising discoveries, in this aerial and underground exploration, through the chiaroscuro of a Sleeping City that one would judge to be drawn by a Gustave Doré!
But now the purple or salmon hour of the sunset brings us back to this unequaled wonder, to this unique and prodigious Angkor-Wat… It stands, the Temple, in the heavy melancholy of a dying sky. Pink gold, then red, strike it right at the ridge, on its five massive towers where the bats, its only current inhabitants, already see, fly and squawk. It is the sacred hour, the moving hour at which we will have to climb all the magical terraces, then the monumental staircase, almost sheer, which leads to the Holy of Holies, to the Tabernacle. There smile eternally, with their same ironic, benevolent smile, the Buddhas of all sizes accumulated by the piety of the faithful; there dance, lissom and lascivious, the divine Apsâras with erect breasts, with hands gracefully turned palms in the air, naked virgins whom no vice haunts; there also grimace, in the lower planes, the evil and dark Asuras. An old monk in a buttercup dress passes back and forth on the last tier of the building, his eyes worried and scrutinizing. He comes towards you, apologizes, bites a smile between his black teeth, then lights, one by one, the lamps of the sanctuary. The Faith of the vanished giants who built this mirage acropolis must not go out and die…

And, with your head a little lowered, you go back down the steps of the temple. The humble and touching call of the yellow man moved you, the final echo of a magnificent epic, frozen in the corner of these ancient stones and under these dark vaults. Angkor-Wat fell asleep under the caress of twilight just as, in Sanskrit legend, the nymph Viraja fell asleep under the kiss of Krichna the Seducer.]

Bayon, general view and bas-relief (p.149)

Korean fashion (Chap I, pp 3 – 4)

Ah! ceux-là n’ont rien perdu de leur cachet ethnique et régional. Bien mieux, et plus durablement que dans les villes du littoral, ils ont conservé leurs vieux usages et leurs immuables costumes. Oh! l’étrangeté que ce couvre-chef des hommes! On dirait un petit chapeau de forme, un tube, un gibus. A proprement parler, c’est plutôt une cage à mouches en toile de crin, noire et transparente, emprisonnant le chignon masculin, noué au-dessus du crâne. La première impression qu’on éprouve à la vue de ces gentilshommes à barbiche et à moustaches retombantes, graves comme des Confucius et déambulant à pas comptés dans les rues, c’est une impression de fou rire. Bonshommes cocasses, qui, malgré le froid rigoureux, né quittent jamais leur ample vêtement blanc et leur longue pipe à fourneau renflé. Quant à leurs femmes — souvent jolies, voire désirables — elles affectent l’aspect de Juives de l’Ancien Testament, portant sur la tête, en guise de voile, le manteau vert bordé de rouge, aux manches flottantes, absolument comme Rébecca à la fontaine, à cette différence près, toutefois, que ces Coréennes exposent paradoxalement à la vue des passants les deux globes nus de leur poitrine, selon le cas, triomphants ou affaissés…
- Que ce spectacle inusité né vous choque point, Madame, dit en souriant, à ma femme, Mgr Mutel, évêque français de Corée. Car cet usage, chez nos Coréennes, n’a rien d’indécent en soi : il tire même son origine de l’allaitement maternel. Remarquez, d’ailleurs, que nos jeunes filles — aussi bien celles que vous croisez dans la rue que les
miennes, je veux dire : les catéchumènes de la mission — né montrent jamais leur gorge à découvert. Privilège strictement réservé aux mamans d’ici.”

[Ah! these have lost none of their ethnic and regional character. Much better, and more lastingly than in the coastal towns, they have preserved their old customs and their unchanging costumes. Oh! the strangeness of this men’s headgear! It looks like a little shaped hat, a tube, a gibus. Strictly speaking, it is more of a fly cage made of horsehair, black and transparent, trapping the male bun, tied above the head. The first impression one feels at the sight of these gentlemen with goatees and drooping mustaches, serious as Confucius and strolling with measured steps through the streets, is an impression of mad laughter. Funny fellows, who, despite the harsh cold, never take off their ample white clothing and their long pipe with a bulging bowl. As for their women — often pretty, even desirable — they affect the appearance of Jews from the Old Testament, wearing on their heads, as a veil, the green cloak bordered with red, with flowing sleeves, absolutely like Rebecca at the fountain, with this difference, however, that these Korean women paradoxically expose to the view of passers-by the two bare globes of their chest, triumphant or sagging depending on the case…
- May this unusual spectacle not shock you, Madam, said to my wife a smiling Mgr Mutel, French bishop of Korea. Because this usage, among our Korean women, has nothing indecent in itself: it even has its origins in breast-feeding. Notice, moreover, that our young girls — both those you meet in the street and the mine, I mean: the catechumens of the mission — never show their bossoms exposed. Privilege strictly reserved for local mothers.”

A pretty Korean ironer” (p.6)

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About the Author

Robert chauvelot portrait

Robert Chauvelot

Robert Chauvelot ( was a French colonial administrator, novelist and travel writer who visited Cambodia and Angkor around 1924, part of an extended trip across the Far East.

A member of the Conseil supérieur des Colonies (Grand Council of the Colonies), a professor at Paris College des sciences sociales (Ethnography section), he also visited India, Africa and Oceania. 

Publications: 

  • Un grand politique : S. M. l’Empereur Ménélik II, Roi des Rois d’Éthiopie”, conférence prononcée à l’École libre des sciences politiques, Francis Laur ed., Paris, sd.
  • Pârvati, roman de moeurs hindoues contemporaines (aquarelle d’Albert Besnard), Albin Michel, Paris.
  • Un Roman d’Amour à Java (couverture illustrée en couleurs, d’après des miniatures originales javanaises), roman, Eugène Fasquelle, Paris.
  • L’Inde Mystérieuse, ses rajahs, ses brahmes, ses fakirs, Berger-Levrault, Paris.
  • Le Japon Souriant, ses samouraïs, ses bonzes, ses geishas, Berger-Levrault, Paris.
  • Visions d’Extreme Orient, Berger-Levraut, Paris, 1928.
  • Oiseaux de Phare, roman, Albin Michel, Paris.
  • Iles de Paradis: Ceylan, Java, Tahiti, Berger-Levrault, Paris.
  • Gustave Flaubert et Alphonse Daudet, conférence prononcée à la Société des Conférences de Monaco. 
  • Le Terrible Navire, roman.
  • Bernadotte, citoyen, maréchal et roi” (d’après une correspondance inédite).